
- Entre Rkeynatt et Yenbech

- Eau stagnante à l’oasis de Gleymime

- Oasis de Gleymime

- La palmeraie

- Versant de Gleymime

- Gleymine

- Roches vers Gleymime

- Jeunes pousses
- Cultures du haricot et de la pastèque

- Tendemane
Il était treize heures quand nous quittons Taknez pour Ain Savra où une mission devrait se rendre le même jour, avait-on appris la veille par la radio transmetteur récepteur de Nterekt. Il fallait donc braver le soleil ardent, souhaiter de la force aux pneus roulant sur un terrain accidenté et caillouteux couverts par endroits de minces centimètres de sables cachant des pierres sans merci.
Sur un peu plus d’une vingtaine de kilomètres, il fallait supporter les secousses, faire preuve de vigilance en maintenant le cap défini et surtout éviter le cordon dunaire allant du sud de Taknez en direction de l’est jusqu’à hauteur de Yenbech. Consignes bien respectées par ailleurs.
A l’issue de cette épreuve somme toute assez délicate, nous atteignons Yenbech où la traversée d’une terre amollie par la pluie a été véritablement un exploit. La case déserte ne nous a guère inspiré une pause malgré la fatigue et un soleil de septembre peu indulgent.
Yenbech est surtout une zone de transhumance où l’eau est très abondante et peu profonde, ce qui lui a valu son nom qui veut dire en Hassanya « qui creuse superficiellement » entendez trouvera l’eau !
Echappant à cette terre qui a eu l’amabilité de ne pas nous retarder longtemps, nous nous dirigeons vers Gley mime, heureux d’avoir terminé le tronçon le plus difficile de la journée. Toute l’eau passant par Ain Savra y est versée.
Petite oasis isolée, où la culture de haricot et de la pastèque est pratiquée, Gley mime est une réserve de Tarve, arbre très riche en sel indispensable aux chameaux en particulier. Elle est aussi un abreuvoir naturel aux animaux toujours assoiffés pendant l’été rarement clément.
Mais parfois le prix de cette eau n’est rien d’autre que la vie de l’animal qui y viendrait se rafraîchir. La terre profondément mouillée pendant de longs mois, dite “Tevade” ou “Lemghass”, l’engloutit jusqu’aux genoux dans le meilleur des cas, et le retient jusqu’à la mort, à défaut d’un heureux hasard amenant des sauveteurs.
Ainsi Gley mime est toujours une destination pour les éleveurs recherchant leurs bêtes. Un moment de détente passé à l’ombre avec El Bou et ses amis était d’un grand soulagement.
Après ce bref arrêt nous passons par Tendemane, autre petite Greyre aux arbres assez nombreux. On est à quelques kilomètres de la Grara d’Enezgar. Au sud, de Tendemane se dresse devant nous un cordon dunaire naissant à l’est et rallongé à l’ouest par une montagne grise, Enezgar, limite Nord-Ouest de la grande Grara à qui elle donna son nom ; question de repère !
La traversée de ces dunes de sable, limite Nord-est de la cuvette nécessitera le concours de Meimoune, l’apprenti, afin d’éviter les ensablements, tant le sable est très mou en cet endroit et à cette heure.
Ce que nous voyons devant nous est un fleuve dont l’eau jaunâtre et fraîche, timidement remuée par un vent anodin est constamment refoulée par les infranchissables dunes de Tenweyfill bien assises au sud et à l’ouest.
D’un point de vue capacité, Graret Enezgar est à peu près comparable à celle de Lebheir, ce qui justifie le surnom de sœur jumelle donnée par certains locaux. Mais d’autres lui préfèrent le surnom de sœur cadette.
D’une petite mare dans un océan de dunes, initiée et exploitée par Ould Hmeyade durant la grande sècheresse des années septante, elle se transforme durant les dernières décennies en une grande cuvette irriguée par des affluents comme Loudeyatt, Rkeynet Elhaz, Btah Erarech, Btah Jyave… chaque coulée emportant des dunes, fait gagner sans cesse des terres cultivables.
L’année dernière, la récolte était de cent tonnes de céréales selon les estimations de la commune.
Aujourd’hui les cultivateurs sont heureux de l’arrivée sur place de sept kilomètres de grillage pour y être déployés ; seul moyen efficace de lutte contre les animaux divagateurs. Ils sont aussi contents de la présence d’une si importante quantité d’eau dans leur Grara mais très embarrassés par le temps qu’elle va mettre pour s’évaporer. Sans pouvoir estimer ce temps comme eux, nous nous dirigeons vers Ain Savra dans l’espoir d’y arriver avant la tombée de la nuit.

- Vers la palmeraie

- Arbres de tarve

- Le chameau d’Ahmed

- Mainoune balise le passage

- Dunes vers Energar

- Passage vers Enezgar

- Idoumou en discussion avec Ahmed

- Vue d’Enezgar

- Zone inondée

- Plamiers à l’oasis de Gleymime

- Retenue d’eau de Gleymime

- Yenbech
Chronique d’un voyage au cœur du désert
- § 1 : Legrare de l’espoir et de la vie
- § 2 : Zargue ou l’éternelle sentinelle
- § 3 : Awelloul et la météorite de Chinguitti
- § 4 : Sur la route de Tenwemend ou le désert à coeur ouvert
- § 5 : Jwaali … l’interminable combat pour la survie
- § 6 : Lebheir ou la générosité de la terre
- § 7 : Sba’iye, Nterekt…la quête du savoir
- § 8 : Taknez… symbole d’une paisible cohabitation
- § 9 : Enezgar… Jumelle ou Cadette
- § 10 : Ain Savra : la pluie compense ses dégâts
- § 11 : Elmoumeyhatt ou la nuit de l’imprévu
- § 12 : De El moumeyhatt à Aghmourett
- § 13 : D’Oudey Taleb à Erreyth
- § 14 : Le retour en question
- § 15 : La parenthèse
- § 16 : La dernière ligne droite





