La descente sur Lebheir se fait d’une montagne très haute dans laquelle les laborieuses populations ont fait un passage long de 3 ou 4 Km [1], praticable tout de même mais à première vue difficile et dangereux : descentes abruptes, virages étroits, caillouteux, rendus davantage compliqués après n’importe quelle pluie soit elle faible.

- Lebheir
- Vue du haut de la montagne
Du haut de la montagne se voit Lebheir : une grande et large cuvette entourée de montagnes ; même les animaux n’y parviennent que par les deux seules pistes Est et Ouest empruntées par les 4x4. C’est pourquoi une barrière en barbelé est tendue sur la largeur des deux passages pour éviter que les chameaux et les ânes ne viennent la nuit dévaster les champs jadis faiblement protégés.

- Aperçu de la passe
En fait Lebheir, était à l’origine une belle oasis, très souvent bien arrosée où l’eau se retrouve emprisonnée dans sa cuvette par des barrières naturelles (rochers et dunes de sables) d’où son nom de Lebheir, diminutif de « Lebhar » qui veut dire en Hassanya et en Arabe « la mer ».
Cet état de fait a eu comme effet malheureusement la mort de plusieurs centaines de palmiers laissant heureusement place à la culture de pastèque et de haricot tout le long de l’année, autre expression de la générosité de la terre qui donne sans cesse…

Petit à petit les villageois, les voisins et les lointains découvrent cette Grara qui devient le véritable grenier de l’Ouest de Chinguetti. Ici sont tombées dans son eau toujours présente, les traditionnelles considérations de propriété foncière devant l’élan de solidarité soutenu par l’hospitalité légendaire ; désormais tout celui qui arrive à Lebheir aura une parcelle de terre cultivable sans aucune contrepartie ou redevance.

Le seul handicap qui était la faiblesse de la protection des cultures vient d’être réglé : la cuvette vient d’être entourée par du grillage (six kilomètres) dans le cadre d’un projet visant la promotion de l’agriculture an Mauritanie.

- Les enfants nous accueillent

- L’école de Lebheir
Néanmoins, cette localité peuplée de quelques dizaines de familles, ne bénéficie d’aucune infrastructure de base. La présence d’une radio transmetteur/récepteur, d’une petite école, les visites des « Médecins de Chinguetti » [2] et les rares taxi-brousse sont les seuls signes visibles des relations avec le monde extérieur.

- le dispensaire délabré

- Préparatifs du départ
Le dispensaire délabré n’a jamais fonctionné et la petite pièce qui fait foi d’école est loin d’être adaptée.
Consolation de taille : une banque de céréales vient d’ouvrir dans la localité et les villageois en sont très contents particulièrement en cette période de soudure, comme ils ont eu à le manifester lors de leur réunion avec le Maire.
Après une demi-journée à Lebheir, nous prenons congé de notre hôte, chef du village, l’imperturbable Didi et continuons notre route mettant le cap sur N’terekt dans l’Oued de Sba’iye.

- Les plaines de culture inondées
Chronique d’un voyage au cœur du désert
- § 1 : Legrare de l’espoir et de la vie
- § 2 : Zargue ou l’éternelle sentinelle
- § 3 : Awelloul et la météorite de Chinguitti
- § 4 : Sur la route de Tenwemend ou le désert à coeur ouvert
- § 5 : Jwaali … l’interminable combat pour la survie
- § 6 : Lebheir ou la générosité de la terre
- § 7 : Sba’iye, Nterekt…la quête du savoir
- § 8 : Taknez… symbole d’une paisible cohabitation
- § 9 : Enezgar… Jumelle ou Cadette
- § 10 : Ain Savra : la pluie compense ses dégâts
- § 11 : Elmoumeyhatt ou la nuit de l’imprévu
- § 12 : De El moumeyhatt à Aghmourett
- § 13 : D’Oudey Taleb à Erreyth
- § 14 : Le retour en question
- § 15 : La parenthèse
- § 16 : La dernière ligne droite







