En brousse où les ânes sont nombreux, les enfants prennent du goût à jouer avec eux. A longueur de journée, ils les font courir, attachent leurs oreilles autour de leur tête et les remplissent de scarabées, couvrent leur queue de paille et la brûlent…
Journée de jeu pour les enfants, c’est pour l’âne une journée de torture.
La légende populaire dit qu’il a été demandé à l’âne de choisir entre le paradis plein d’enfants et l’enfer ; il choisit l’enfer !
Mais à Ain Savra, nous étions témoins d’une relation d’affection, de respect entre l’âne surnommé l’ami et Ahmadou le petit de l’une des familles de la localité.
Ce gamin de 7 à 8 ans doit amener l’eau du puits grâce à l’ami. Une fois les bidons remplis, d’un geste de la main d’Ahmadou, l’ami se couche pour permettre au petit de fixer la charge sur son dos.
Ahmadou est trop faible pour soulever un bidon de 20 litres jusqu’à la hauteur de Ejeffe [1], support sur lequel il sera attaché. Une fois les bidons fixés, l’ami prend son chemin en direction du domicile.

- Ahmadou décharge les bidons

- Ahmadou enlève “Ejeffe”
Lorsqu’il y arrive, il se couche pour qu’Ahmadou décharge l’eau et de quelques gestes de la queue, il exprime son mécontentement de la proximité de la mère de l’enfant comme s’il voulait la retenir à l’écart.
Elle n’est pas son amie ! Ahmadou enlève Ejeffe [1], les morceaux de tissu et laisse l’ami, son ami, partir libre et satisfait.

- L’ami se couche

- Son ami est libre maintenant
Un autre mode de relation en ces contrées lointaines où une extrême docilité, une entente rare et une étrange amitié sont peut être l’exception qui confirme la légende populaire.

- La corvée d’eau







