Vivre dans le Désert

Accueillis comme des amis

par Colette

Créé le : 24 mars 2006

chapitre 1

Du Massif de l’Adrar, à Chinguetti et Aïn Sefra, au pays d’Idoumou.

L’accueil à l’aéroport d’Atar, très chaleureux, nous confirme l’extrême gentillesse des Mauritaniens. Nous n’échappons pas à la queue pour le contrôle des passeports et l’attente pour récupérer nos bagages. C’est une assemblée vêtue de boubous bleus qui attend les touristes au parking, à côté des 4 x 4 bien alignés.

Aéroport d’Atar
Aéroport d’Atar

Mais, oh, surprise, il manque une valise ! Idoumou, aussitôt après avoir salué tout le monde, le téléphone à l’oreille, va s’occuper de ce bagage. Il est certainement resté à Marseille au changement d’avion. Nous ne sommes que deux femmes dans le groupe. Mais qu’à cela ne tienne, je partagerai mon sac. C’est bien connu, les femmes prennent toujours trop de choses ! En l’occurrence, il faudra quand même faire des exploits pour garder une certaine élégance.

Les 4x4 nous conduisent à l’auberge El Khayma, au centre ville d’Atar,pour nous restaurer avant de prendre la route pour Chinguetti. Il fait chaud, on se met à l’aise. Quel plaisir déjà ! L’ambiance s’installe, nous allons profiter de nos vacances, redevenues estivales, alors qu’en France l’hiver arrive. Oui, là encore, l’accueil est séduisant. Pas pressés, avec des boissons fraîches, nous prenons connaissance de l’équipe. Les retrouvailles continuent, comme si c’était normal de venir de temps en temps en Mauritanie voir Idoumou.

Pour le trajet d’Atar à Chinguetti long de 80 km, on prendra la route Ebnou au lieu de la piste qui est trop longue. Cette route a été construite par des ingénieurs chinois pour le compte d’un commerçant de Chinguetti. La route porte son nom. Déjà l’espace et les vues nous surprennent.

L’Adrar est un massif de grès sur 300 km. Au pied des falaises le sable s’accroche. Nous évoluons dans un paysage minéral, immense. La route monte le long d’un dhar jusqu’à une passe.

En haut, le panorama s’ouvre sur les sommets et sur la piste de la passe d’Amojar.

Fort Sagane
Fort Sagane

Les ruines de Fort Sagane (décor du film), au loin, s’intègrent parfaitement dans le paysage. Juste à côté, un site de gravures rupestres qui porte le nom de Théodore Monod, présentent la célèbre girafe. Beaucoup de mauritaniens prétendent avoir travaillé comme guide pour Théodore Monod. On ne peut que penser à lui et à tous les pas qu’il a pu faire en Adrar. Chinguetti est un bourg posé sur le sable, est c’est par une piste à peine marquée et que l’on découvre l’auberge Wahat-Sahra d’Idoumou, propriété entourée de murs. Jamais encore je n’avais pénétré autant dans un désert. On nous invite à visiter, toujours décontractés, les tikits où l’on couchera, les salons avec tapis et boissons fraîches et aussi le jardin, dont Idoumou est fier, là où se mélangent légumes et fleurs odorantes largement irrigués par l’eau du forage qui se déverse dans un bassin. Tout le monde s’installe rapidement.Les commodités sont simples mais suffisantes avec douche, WC et lavabo, un peu comme autrefois dans les campings.

La mosquée de Chinguetti
La mosquée de Chinguetti
5 oeufs d’autruche coiffent le minaret de la mosquée de Chinguetti, symbole de prospérité

Idoumou nous emmène visiter le quartier de la mosquée puis une bibliothèque antique et la place du marché. Les murs sont d’un ton d’argile beige, un peu comme les poteries de Provence. Notre guide nous montre les portes de bois aux serrures d’époque à grande clé à peigne, une sorte de gros verrou à secret.

Chinguetti, quartier de la Mosquée
Chinguetti, quartier de la Mosquée

Après les visites, nous profiterons du coucher de soleil sur les dunes qui sont partout autour de la ville. A chaque arrêt du 4x4, notre chauffeur sort sa pipe mauritanienne de son étui pour en tirer trois bouffées.

Palmiers dattiers
Palmiers dattiers

Sur le retour vers l’auberge, nous passerons par l’oasis où l’eau coule un peu partout avec ses puits, dont un beau à balancier. Pour ce premier jour nous plongeons dans un autre monde.

Dans la cour de l’auberge
Dans la cour de l’auberge
Top départ, de bonne heure le matin, de l’auberge Wahat-Sahra de Chinguetti

De Chinguetti à Aïn Cefra sur 120 km, ce sera le vrai départ pour l’Aventure. Tout au long de cette expédition du 5 au 28 Novembre 2005, nous serons transportés dans 3 véhicules 4 x 4,Idoumou cumulant toutes les fonctions, organisateur, chauffeur, guide culturel, botaniste... Dans l’équipe y a aussi Mohamed, le chauffeur mécanicien - il est également excellent guide par sa grande connaissance du milieu désertique - puis Maouya un jeune chauffeur, Dahmoud et Isselkou, guides et cuisiniers. Les trois 4x4 sont prêts. Il y a celui de Mohamed, un Toyota beige à plateau, que l’on appelle le chameau et qui chargé de toutes les provisions, gasoil, eau, nourriture, ustensiles de cuisine, raïmas. Les deux autres laisseront la place aux passagers et à leurs bagages.

A l’ombre d’un acacia
A l’ombre d’un acacia
Bivouac du soir
Bivouac du soir

En chemin, la rencontre d’un énorme lézard noir, pourchassé pas nos jeunes cuisiniers, fera un arrêt de plus pris avec plaisir. On roule à un rythme lent, tout en douceur. C’est étonnant compte tenu de l’état de la piste à cet endroit.

A Dar Elh Bechir, le sable est d’une beauté à couper le souffle ; des énormes cailloux noirs et des plantes, des tourjas vertes qui se dressent vers le ciel, donnent des couleurs au désert.

l’Adrar pays d’Idoumou
l’Adrar pays d’Idoumou

Nous sommes seuls au milieu de cette immensité en rencontrant, au plus, un véhicule par jour. Les seules traces sont des anciennes ornières laissées par des 4x4x et quelques tombes en bord de piste, témoins d’un passage de nomade à cet endroit.

Lors de nos arrêts, à notre grande surprise, dans ces espaces désertiques sans vie humaine apparente, des nomades arrivent rapidement. On a l’impression qu’ils sortent de nulle part. Après les salutations d’usage, ils sont conviés à boire le thé et parfois à partager le repas de nos cinq mauritaniens. Par la suite, quelques chèvres et leur berger compléteront nos rencontres de la journée.

Pour ce premier soir de bivouac, nous faisons halte au sommet d’une imposante dune au milieu des barkhanes au pied d’abris sous roche. Seule la tente de la cuisine sera montée. Il fait chaud, nous dormirons tous à la belle étoile, sous la lune et les étoiles filantes que nous traquerons couchés sur le dos. Suprême baptême du désert !

Le lendemain matin, un petit scorpion, dissimulé sous un tapis, nous ramènera à la réalité. Nous partons à pied visiter les abris sous roche qui nous entourent. Ces énormes rochers servaient de refuge et étaient occupés par des hommes aux temps préhistoriques à une période où le Sahara n’était pas encore un désert. Nous y découvrons quelques superbes peintures rupestres.

Le repas de midi se fera sous la belle ombre d’acacias, près d’une guelta où vont boire des chameaux menés par un jeune nomade.

Comme à l’habitude, quelques branches mortes vite ramassées alimenteront un petit feu pour la cuisine et le thé. Le long de la piste, nous transporterons quelques nomades agrippés au filet du ‘chameau’ ou serrés à l’arrière vers nos cuisiniers.

Pause technique
Pause technique

Nous atteignons Aïn Cefra assez tôt pour profiter du lieu. C’est le pays d’Idoumou. Il nous présentera sa mère et sa fille.

Enfants de nomades
Enfants de nomades
Accueil d’Idoumou à Aïn Savra
Accueil d’Idoumou à Aïn Savra

Nous atteignons Aïn Cefra assez tôt pour profiter du lieu. C’est le pays d’Idoumou. Il nous présentera sa mère et sa fille. Ce village est construit sur le sable. On devine à peine le tracé des rues. Les maisons sont cubiques, certaines avec de beaux murs en pierre. L’auberge d’Idoumou est vaste, bien entretenue. Nous logerons dans des tikits peints en blanc pas très loin d’une grande raïma située à l’opposé de la cuisine et des sanitaires. Cet ensemble encadre une cour qui s’anime dès notre arrivée. Nous partons nous promener dans le village.

Ravitaillement en eau à l’oasis d’Aïn Cefra
Ravitaillement en eau à l’oasis d’Aïn Cefra

Une belle oasis est en contrebas, dans le soir couchant. Idoumou nous informe qu’elle s’ensable de plus en plus et que les palmiers s’ensevelissent. La maman d’Idoumou, assise en tailleur à même le sol, nous accueille chaleureusement. Les dames reçoivent des cadeaux. L’école primaire est toute proche. Les enseignants sont heureux de parler un peu avec nous. Nous remettrons quelques fournitures scolaires au directeur, charge à lui de les distribuer.

Après un repas de délicieuses crêpes, la soirée continue. Des femmes, invitées par Idoumou. nous ravissent de chants de nomades. Tout le village est venu. Des femmes chantent et d’autres les accompagnent d’une simple cuvette retournée qui sert de tam-tam. Les hommes dansent, nous sollicitent aussi. C’est une belle soirée. On entendra, les tambours jouer encore une grande partie de la nuit.


Vivre dans le désert

Actuellement : 1 message

  • Accueillis comme des amis 6 juin 2010 14:05, par YAHYA

    c’est Vraiment agreable de Passez des moments dans ce jenrs de Lieux Vierjes et Naturelles.

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