Chronique d’un voyage au cœur du désert

Ain Savra : la pluie compense ses dégâts

par Cheikhmou

Créé le : 23 mars 2009

chapitre 10

La coulée de l’oued a fait des ravages dans l’oasis.

Quittant Enezgar, nous prenons la route vers Ain Savra où nous espérons arriver avant la tombée de la nuit. La distance que nous devons parcourir n’est que trente kilomètres mais ici le kilométrage n’a aucune importance puisqu’il n’est pas déterminant, c’est le terrain qui commande ! Ce terrain est heureusement parmi les meilleurs mais les traces y sont nombreuses et allant dans tous les sens.

De loin apparaissent des tentes et le groupe fatigué et visiblement affaibli par la chaleur et la faim décida d’y passer un moment de repos. Une boisson fraîche et un thé sous une légère ombre de tente - tout de même meilleure que le soleil -, étaient suffisants pour nous redonner un peu d’énergie.

Escale à Tichilitt Ain Savra
Escale à Tichilitt Ain Savra
Avec Ahmed, un ami
Avec Ahmed, un ami
Pas de causerie sans thé

Le soleil commençait à s’incliner et la température à chuter ce qui permettait de continuer le voyage jusqu’à Tichilitt Ain Savra où nous rencontrons un ami Ahmed OULD KHATTAR qui lui aussi se dirige vers Ain Savra. Pas de causerie sans thé et après tout on est à seulement quatre ou cinq kilomètres de la localité dont les habitations étaient visibles.

Les traces de la coulée
Les traces de la coulée

Tuyau du forage

Tube de forage
Tube de forage
Les tuyaux du forage sont nettement visibles
Après la coulée
Après la coulée
Les palmiers sont ensablés
Il reste encore de l’eau
Il reste encore de l’eau

Ahmed nous apprend qu’il vient voir ses palmiers parce que la coulée de l’oued il y a quelques jours a fait des ravages dans l’oasis. La culture à Maniye d’où il vient est excellente et le bétail s’est remis des effets d’un été qui n’a fait que trop durer.

Une fois sur place à Ain Savra nous constatons les faits : les deux affluents Gteih Hboulle et Oudey Ould Mousse ont déversé une très grande quantité d’eau amenant tout sur leur passage notamment les dunes de sable sous lesquelles des dizaines de palmiers sont ensevelis.

Certains habitants ont essayé de les déterrer mais en vain ; ils sont désormais irrécupérables. D’autres observent l’eau stagnante sous leurs palmiers, sans possibilité de la soustraire ; si elle reste longtemps, cette eau risque de causer leur mort. Pour le reste des palmiers, le passage de l’eau n’a fait qu’un bon arrosage.

En effet au niveau de Gteih Hboulle qui n’a pas coulé depuis des dizaines d’années avec ses dunes infranchissables et presque éternelles, les traces de l’eau témoignent de sa vigueur et de l’importance de son volume. Les tuyaux du forage, en panne depuis des années, sont apparus sur une hauteur d’environ six mètres. A Oudey Ould Mousse, la batha est devenue plate comme une ardoise.

Un vieux du village commentant les faits lors d’une causerie, me disait que l’eau est toujours souhaitée mais redoutée car elle peut être destructive. Néanmoins comme dit le dicton populaire “la pluie compense toujours les dégâts qu’elle occasionne” , entendez par la culture, les pâturages, le renforcement des eaux souterraines…

Ahmed nous écoute silencieusement sans prendre part à la palabre. Il vient de perdre une quinzaine de palmiers après tant d’années d’entretien. Le bon hivernage qui s’annonce est tout de même pour lui une consolation.

Achevant la causerie, il était l’heure de la réunion du Maire et des responsables du village avec le représentant d’une ONG Italienne venu s’informer sur les conditions de vie des populations. Le temps pour que Meimoune dépose une famille, Ehel Jdeydou, à une vingtaine de kilomètres à bord du véhicule du Maire, pour nous de se reposer et de se ravitailler avant notre départ pour Aghmourett prévu dans l’après-midi.

Pris par les sables
Pris par les sables
Idoumou prend la mesure des dégâts
Idoumou prend la mesure des dégâts
Oasis de Aïn Savra
Oasis de Aïn Savra
L’oasis inondée
L’oasis inondée
Les palmiers ensablés
Les palmiers ensablés
Tentative de sauvetage
Tentative de sauvetage

Chronique d’un voyage au cœur du désert