Chronique d’un voyage au cœur du désert

Awelloul et la météorite de Chinguitti

par Cheikhmou

Créé le : 14 décembre 2008

chapitre 3

Le véritable intérêt pour Awelloul ne prendra naissance dans la région que vers les années 30-40 du siècle dernier, avec Théodore Monod et ses célèbres recherches de la météorite de Chinguitti.

Après un repos à « Tichilitt Atig », désertée encore par les cultivateurs, car elle venait juste de se remplir d’eau, nous continuons notre route vers Awelloul de son nom « Guelb Awelloul » ou « cratère d’Awelloul ». En fait, il s’agit d’une très grande circonférence aux alentours et bords rocheux et très élevés et dont l’intérieur profond, parsemés de quelques petits arbustes est tout blanc de sable, plat comme un tapis.

Site incontournable pour les curieux et les visiteurs, Awelloul est d’accès facile à dos de chameaux comme en 4x4. Il se trouve à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Zargue et sur la route menant depuis Atar, vers Ain Savra au sud et Tivrit et Berbara à l’ouest.

A partir de lui s’ouvre l’univers et la liberté de mobilité est totale jusqu’à Awjeft à l’ouest et jusqu’au Tagant au sud. Les touristes y passent très souvent, se reposent parfois la nuit bénéficiant de son calme, de sa chaleur lors des mois d’hiver et de son ciel clair aux étoiles éclatantes.

Le cratère d’Awelloul
Le cratère d’Awelloul

Situé à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Chinguiti, Awelloul est présent sur les cartes géographiques sous le nom de cratère volcanique d’Awelloul ; selon les locaux, une gigantesque montagne aurait existé et se serait engloutie lors d’une éruption volcanique.

Un bloc de pierre « extraordinaire »

Mais le véritable intérêt pour Awelloul ne prendra naissance dans la région que vers les années 30-40 du siècle dernier, avec feu Théodore Monod et ses célèbres recherches de la météorite de Chinguitti.

Vers la fin des années 30, un certain Gaston Ripert, Capitaine de l’armée Française et Administrateur de Chinguitti à l’époque, trouvait lors d’une mission de reconnaissance de routine, un bloc de pierre « extraordinaire » parsemé de particules étincelantes et brillantes.

Intrigué par ce bloc, sa curiosité était à son comble. Rentré de mission, il envoya « le colis » en France pour analyse. Ce n’est qu’en recevant plus tard un courrier en retour, qu’il se rendit compte de l’importance de ce qui devint une découverte . On lui confirma qu’il s’agit d’une météorite « pierre tombant du ciel » et lui ordonna de situer et délimiter la zone de découverte pour but de recherche. Faute d’avoir pris notes, Ripert se rappela quand même qu’il se trouvait à l’ouest de Zargue.

Une hypothèse vit le jour alors : dans la zone de l’ouest de Zargue, seul le cratère d’Awelloul pourrait résulter du choc entre une grande météorite et une grande montagne ; mais faut-il encore trouver les débris de la météorite.

Pendant de très longues années, feu Théodore Monod passait cette zone au peigne fin, parcourait à pied, à dos de chameaux, en voiture et en avion toute la région de Chinguitti d’Est en Ouest et du Nord au Sud. En vain, aucun résultat et pas de confirmation de cette hypothèse.

Seul l’amas retrouvé par Ripert - et qui se trouverait actuellement dans un musée parisien - témoigne de l’existence de la fameuse météorite. Monod abandonna alors ses recherches vers la fin des années 80.

Comme lui, nous abandonnons à notre tour le cratère après un bon moment de repos, de recueil et de méditation avec l’incontrôlable envie d’y retourner et d’y rester plus longtemps !

Vue aérienne du cratère
Vue aérienne du cratère
Google-earth
Position du cratère sur Google-Earth
Position du cratère sur Google-Earth
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Chronique d’un voyage au cœur du désert

Eléments géographiques :

  • Nom du cratère : Aouelloul - Awelloul
  • Latitude : N 22° 15’
  • Longitude : W 12° 41’
  • Diamètre : 390 mètres
  • Altitude : 580 m