Chronique d’un voyage au cœur du désert

D’Oudey Taleb à Erreyth

par Cheikhmou

Créé le : 27 mars 2009

chapitre 13

Dans l’après-midi, il était clair que notre carburant était insuffisant !

A Oudey Taleb où nous avons passé la nuit, on n’était qu’à seize kilomètres d’El Khatt, frontière de l’Adrar avec le Tagant.

Campement à Oudey Taleb
Campement à Oudey Taleb

Il fallait donc opérer le retour après tant de kilomètres. Très tôt le matin, nous procédons à la vérification de nos provisions. Tout était dans les normes à l’exception du carburant dont la quantité n’était pas satisfaisante, selon Meimoune, pour passer à Erreyth et revenir à Ain Savra, là où nous avons laissé notre réserve pour le retour à Chinguitti, ce qui apparut d’une grande maladresse.

Au sud d’Oudey Taleb
Au sud d’Oudey Taleb
Entre Oudey Taleb et Aghmourett
Entre Oudey Taleb et Aghmourett

Ma proposition soutenue par Meimoune fut d’annuler l’étape d’Erreyth et de revenir immédiatement à Ain Savra mais Idoumou et Thiam tenaient absolument à visiter Oudey Tourje, Graret Cheraniye, Bathet Aiche et Erreyth pour des considérations administratives et professionnelles. Finalement Idoumou nous assura que le carburant ne manquera pas et qu’on pourra en trouver à Erreyth où les taxi-brousse laissent généralement des réserves de sécurité. Vrai ou fine politesse ? Les deux à la fois.

Nous acceptons finalement de poursuivre notre trajet sans changement et nous rebroussons chemin laissant derrière nous les belles montagnes de Touajil enfouies dans les dunes de sable rouge à cheval entre l’Adrar et le Tagant.

Arbres à Aghmourett
Arbres à Aghmourett

Nous passons par Aghmourett que nous traversons vers l’Est en direction d’Oudey Tourje. Devant nous un grand nombre de chamelles profitent d’un bon tapis végétal sous l’œil vigilant d’un adolescent qui venait juste d’allumer un feu pour préparer sûrement…le thé ! On s’arrêta un moment pour se donner des nouvelles avant de continuer la route.

Cultivateurs à Graret Cheraniye
Cultivateurs à Graret Cheraniye

Nous arrivons vers onze heures à Graret Cheraniye où nous prenons un thé avec les cultivateurs déjà en place heureux de l’hivernage. Cette Grara connue pour être très fertile n’a pas coulé depuis plus de deux décennies. Thiam eut le temps de recueillir les renseignements souhaités pour la future clôture de la Grara par du grillage.

Ce fut ensuite le tour de Bathet Aiche où nous arrivons après une dizaine de kilomètres de route. Ici le grillage était déjà sur place et deux côtés de cette plaine ont été entourés. Les cultures de pastèques et de haricots semblaient bien partir.

Nous sommes à une quinzaine de kilomètres d’Erreyth mais le terrain est particulièrement difficile du fait des pierres à peine dissimulées par une légère couverture de sable.

Difficile montée menant à Erreyth
Difficile montée menant à Erreyth

Une montée sablonneuse d’environ cent mètres nous amènera sur le plateau sur lequel se trouve Erreyth.

Une redoutable passe

Nous ne la franchissons qu’après plusieurs tentatives bien que nous ayons dégonflé les pneus, utilisé le crabot du 4x4 (le 4x4 devient alors grand consommateur de carburant) et travaillé certains endroits de cette redoutable passe sous une température écrasante.

En arrivant à Erreyth
En arrivant à Erreyth

Tant bien que mal, nous arrivons à Erreyth vers treize heures où nous sommes reçus agréablement par Nabghe, notable de la localité et Sidi un adjoint du Maire qui nous entourent de tous les égards.

Dans l’après-midi, il était clair que notre carburant était insuffisant. Sidi qui est aussi un transporteur et un grand connaisseur du terrain ainsi que Salek propriétaire d’un taxi-brousse l’ont attesté.

Comme Ain Savra est non joignable du fait de la panne de sa radio, il fallait alors contacter Minou à Atar par le biais de la radio transmetteur de la localité pour qu’il nous envoie du carburant avec le taxi-brousse qui doit partir pour Erreyth. Envoyer quelqu’un à dos de chameau à Ain Savra où se trouve notre gas-oil était plus facile mais aucun chameau n’est présent pour accomplir la mission. Minou nous promet l’envoi de gas-oil mais ce ne sera que dans deux ou trois jours au moins. Mieux que rien !

Dans la nuit, Salek nous informe qu’il peut nous donner six litres de carburant. Très grande quantité en cet endroit. Précieux litres.

Après beaucoup de discussions autour de la question durant laquelle Idoumou était extraordinairement confiant et rassuré - sans que nous comprenions pourquoi - nous avons décidé de faire le voyage vers Ain Savra (à partir de Erreyth où nous sommes) que le lendemain. Véritable aventure.


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