Vivre dans le Désert

De découvertes en découvertes

par Colette

Créé le : 24 mars 2006

chapitre 3

Des cités antiques jalonnaient les anciennes pistes caravanières.

Nous arriverons par le haut d’un dahr sur Tichit et la descente face au soleil ressemble à une descente à skis tellement le sable est blanc et mou ; les chauffeurs conduisent très vite. L’ammersâl, sel pour le bétail, est la richesse de la région.

Tichit est la ville la plus ancienne et la plus enclavée de Mauritanie. Elle a été le troisième institut islamique du monde arabe. A l’auberge, d’une belle architecture et à l’abri derrière ses hauts murs, nous pourrons prendre une bonne douche et faire un peu de lessive. Ce confort est bien apprécié.

Rues à Tichit
Rues à Tichit

Le lendemain matin, accompagnés par des enfants qui nous montrent leurs cahiers, nous visitons Tichit. Les femmes sortent discrètement sur le seuil de leurs maisons qui sont des constructions de pierres sèches, grises, comme les rochers alentours. De ses rues toujours bordées de hauts murs pour se protéger des vents de sable, dépasse la mosquée.

Trésor des bibliothèques
Trésor des bibliothèques

Dans la bibliothèque se trouvent des livres vieux de huit siècles. Un peu partout, des vaches aux grandes cornes avec une bosse sur le dos, sortent des cours des maisons. Des ânes attelés à une charrette à grosses roues de voiture, attendent.

De Tichit à Oualata, nous parcourons en 3 jours 463 km. Notre expédition quitte le Tagant pour entrer dans le Hodh el Chargui. Ce secteur n’a pas une bonne réputation. Théodore Monod y parlait déjà de razzieurs. Idoumou semble un peu anxieux. Nous ne verrons personne. Toujours seuls sur des pistes à peine tracées, on aperçoit quelques rares raïmas. A l’occasion d’une rencontre, les nomades hommes viennent vers nous pour nous offrir du lait. Sous leur raïma, nous apercevons les enfants près des mères et leur équipement. Les agneaux sont parqués dans des enclos de branches épineuses. Les villages, de la même couleur que le sable, se fondent à l’horizon. Nous longeons Akreijit, village ayant connu une très forte occupation humaine mais qui s’ensable maintenant.

Rocher des éléphants
Rocher des éléphants

Le site de Makhrouga présente des rochers érodés de formes spectaculaires à l’allure d’éléphants. On y voit les trompes et la roche est plissée comme une peau d’éléphant. Une grande arche naturelle, longue de deux cents mètres sur soixante de large, se découpe avec voûtes et piliers.

Le lendemain, on découvre des colonnes rocheuses qui se dressent comme des doigts à un lieu nommé Es Bas.

La journée suivante est un peu lassante, avec ces paysages maintenant devenus familiers, entre l’erg, zone sableuse et le reg, zone de pierres. Nous ne nous suivons pas. Le secteur est tellement vaste que chaque véhicule choisit son passage. De temps en temps, pour ne pas s’égarer et repérer les autres véhicules, nos chauffeurs, en haut d’une dune, montent pour faire le guet sur le toit du 4X4. Pas de crevaisons, pas de panne, mis à part quelques enlisements, le trajet se déroule à merveille.

Sur une colline, nous découvrons des tombes alignées constituées d’énormes tas de pierres et comportant comme une porte.

Tombe musulmane
Tombe musulmane
Gravure rupestre
Gravure rupestre

Lors d’un bivouac en plein désert, en dehors des routes connues, nous découvrons par hasard, sur des énormes rochers, des quantités de gravures rupestres et des écritures qu’Idoumou essaie de décrypter. De toute évidence, plusieurs périodes sont représentées.

Oualata se présente à nous dans toute sa splendeur ! C’est une des villes mythiques de Mauritanie, une ville que je voulais voir. Elle a eu son heure de gloire à l’époque du trafic transsaharien.
L’architecture est typique. Les maisons sont à étages, en banco rouge. Des cours intérieures forment des coins salons dont les banquettes invitent au repos et favorisent les palabres. Les femmes réalisent, autour des portes et des fenêtres ainsi que sur les façades des décors caractéristiques peints en blanc sur fond rouge.

Maison de Oualata richement décorée
Maison de Oualata richement décorée

Ces décorations reprennent des motifs du coran ; les gens de Oualata en connaissent la signification. Les portes, en bois, sont ouvragées, ornées de clous. Les pieds des lits dans les cours sont en argile. J’ai vu sur la terrasse de l’auberge des pigeonniers fabriqués simplement avec des boîtes en carton. Depuis les terrasses la vue porte sur un dédale de toits et de cours.

Vue d’une terrasse
Vue d’une terrasse

La ville, toute rouge s’accroche à la colline.

Avant l’école
Avant l’école

L’artisanat est présent. Une boutique expose à la vente des poupées en terre habillées de tissus, de la petite poterie, des maisons de poupée et des bijoux. L’auberge est le meilleur hôtel de la ville, comme il est écrit en gros à l’entrée.

Au dîner, le menu comportera un couscous dont la viande de chameau qui l’accompagnait était quelque peu rare et dure.


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