Chronique d’un voyage au cœur du désert

De El moumeyhatt à Aghmourett

par Cheikhmou

Créé le : 25 mars 2009

chapitre 12

Tarhe est un territoire large et vaste constitué en grande partie d’un sable mou

Gueth Brahim
Gueth Brahim
Rencontre avec Abderrahim
Rencontre avec Abderrahim
Des traces utiles
Des traces utiles
Ensablement à Tarhe
Ensablement à Tarhe
A travers les dunes
A travers les dunes
En allant à Elhouvra
En allant à Elhouvra
Autoroute des sables
Autoroute des sables
Direction les sables
Direction les sables
Aghmourett
Aghmourett

Au départ d’Elmoumeyhatt, le groupe était bien préparé à parcourir la quarantaine de kilomètres nous séparant d’Aghmourett, condition nécessaire à supporter les secousses que provoquent les petits arbustes qui couvrent les dunes de sable.

Le premier tronçon à partir d’Elmoumeyhatt traverse les principaux versants d’Enezgar à savoir Oudey Levkarin (le petit oued des tortues) et Oudey OumJloud (le petit oued d’Oum Jloud) et se termine à Houvret Legdeym.

Houvret Legdeym n’est pas du tout d’accès facile. C’est un cordon de dunes d’à peu près cinq kilomètres dont le sable mou dissimule en certains endroits de grosses pierres tranchantes au niveau des virages étroits et rapprochés.

La marge de manœuvre y est vraiment réduite. Entre ces dunes, il faut éviter les ensablements et parfois travailler les passages pour faciliter l’accès au véhicule. Il faut aussi surveiller la route et garder le cap tant les repères sont rares et au moindre vent la visibilité devient nulle.

Dans cette Houvra, nous rencontrons Abderrahim, un ressortissant d’Ain Savra qui déposait sa famille à Ewechkech. Le temps de le saluer et d’échanger des informations toujours utiles dans un environnement mouvementé. Nous profitons aussi de ses traces encore fraîches ; il vient de nous baliser la route. Une chance, tant mieux.

El Houvra se termine sur un petit plateau couvert de quelques arbres. De cet endroit descend la route vers l’Est sur une petite plaine au pied de gros amas de pierres tellement rares à ce niveau au point que des organisateurs de rallye les ont peints en rouge et blanc pour qu’ils servent de repère, c’est Gueth Brahim.

Les équipes techniques du projet de route Atar - Tidjikdja ont planté leurs piquets marquant le passage de la future route par cet endroit. C’est un passage obligé, véritable carrefour d’où partent deux pistes : l’une va à l’est vers Erreyth et passe juste au sud d’une grande montagne appelée Ewechkech ; l’autre se dirige au sud vers Aghmourett puis le Tagant.

A partir De Gueth Brahim c’est l’amorce d’une traversée transversale du nord au sud de Tarhe c’est-à-dire un territoire de sable large et vaste constitué en grande partie d’un sable mou ; cette Tarhe qui arrive de Tenweyffil au sud de Enezgar continue d’ouest en est, laisse Ewechkech à l’est en le contournant et poursuit son avancée inexorable… jusqu’à l’infini.

Dans cette Tarhe - d’ailleurs toute Tarhe - il n y a pas d’arbres ; seulement de petits arbustes de Oum Rekbe et de petites herbes qui commencent juste de pousser. Pour ne pas s’ensabler il faut passer au dessus des dunes, près des herbes qui ne poussent que sur le sable un peu dur… On a failli à la recommandation, le résultat est immédiat : un ensablement, heureusement l’unique durant cette matinée.

Au milieu de la Tarha, nous apercevons de loin les montagnes au sud et à l’est d’Aghmourett ; nous constatons que nous étions en retrait un peu à l’ouest ; nous ajustons alors notre cap vers l’est pour atteindre la rive gauche d’Aghmourett par un endroit où les dunes se rabaissent un peu.

Aghmourett est un grand oued qui se situe au centre d’une large et longue cuvette appelée Cheraniye naissant d’Erreyth à l’est et s’étalant vers l’ouest sur plus d’une cinquantaine de kilomètres.

Aghmourett est un lieu de culture et d’élevage où quelques familles résident. Aucune infrastructure de base n’existe. Aucun moyen de communication. Seuls les taxi-brousse, les voitures de touristes ou de voyageurs constituent l’unique relation extérieure.

Presque laissées à leur sort, ces populations trouvent en la proximité du Tagant – à peu près vingt cinq kilomètres- une véritable aubaine. Leurs relations avec Rachid et Tidjikdja à partir desquelles ils se ravitaillent parfois sont très développées.

Une fois dans l’oued, nous profitons de l’ombre d’un grand arbre pour boire du thé et permettre à Idoumou et Thiam du service du développement rural de visiter le puits et la diguette tous deux réalisés par les populations avec le concours du service du DR sur initiative du Maire.

Diguette en branches
Diguette en branches
Branches pour retenir le sable
Branches pour retenir le sable

La diguette faite de branches d’arbres et de sable venu se poser sur elles, a cédé en certains endroits après avoir retenu l’eau pendant vingt quatre heures, ce qui a permis d’irriguer une importante surface désormais cultivable et les efforts du Maire viennent d’aboutir à l’ouverture d’un magasin de céréales, indispensable pour cette période de soudure.

Nous nous dirigeons après ce constat vers Mohamed O El Kowry, chef du village avec lequel nous passons la journée avant de regagner en fin d’après-midi Oudey Taleb à cinq kilomètres au sud où nous passons la nuit chez Ehel Lekhdeyim, des amis de longue date.

Vue de Tarhe
Vue de Tarhe

Chronique d’un voyage au cœur du désert