Le deuxieme voyage

De vrais amis

par Bénédicte

Créé le : 24 février 2008

chapitre 7

Samedi

La ville se met à vivre au rythme des charters Paris-Atar, Atar-Paris. On va aux nouvelles pour savoir à quelle heure il faut aller à l’aéroport déposer des clients, en accueillir d’autres. Apparemment les deux avions ont du retard, Point Afrique comme Go Voyages.

Dans la petite pièce, on discute de la politique de Bush et du Conseil de sécurité de l’ONU avec le propriétaire de l’auberge. Il a un arrangement avec Nema, qui assure la saison touristique tandis que lui occupe les lieux avec sa famille pendant la guelta, la cueillette des dattes en juillet.

A l’aéroport, bizarre, ils vérifient les sacs, demandent les papiers de change, vérifient qu’on n’a plus d’ouguiyas en poche. Qu’est-ce qu’ils veulent qu’on fasse avec des ouguiyas en France, à part les encadrer comme souvenir ? Peut-être ont-ils fini par s’inquiéter de l’accumulation d’euros par certains guides.

Un jeune veut changer les ouguiyas qui lui restent en euros. Il sort le papier qu’on lui a donné au guichet : Change 300 ouguiyas pour un euro, au lieu de 330 à la banque. Si ça commence à l’aéroport avec les bureaux de change officiels, alors il n’y a pas de raison que tout le monde ne fasse pas la même chose. L’envers du décor.

bagages enfin enregistrés
bagages enfin enregistrés

Les bagages enfin enregistrés, Nema revient me chercher. Entre temps, j’ai engagé la conversation avec un policier. Mariée ? Des enfants ? Oui, oui. Lui a deux enfants et cinq et deux ans et il est veuf.
— « Quand mes enfants demandent où est maman, je ne sais pas quoi leur dire. Il faut attendre qu’ils aient onze ou douze ans pour leur dire la vérité. »

Nema arrive, grandes accolades, ils sont cousins. On retourne à l’auberge où Mado a commandé un grand plat de poisson tout prêt pour éviter d’avoir à rester aux fourneaux.

Mohamed, le frère d’Ely Kori, se joint à nous pour le dernier thé.
— « Tu diras à Ely Kori, je lui dis, que j’étais mieux avec lui et Brahim qu’avec n’importe quel guide. »
— « Il sourit, le grave chamelier vêtu de son boubou et de son chèche bleu ciel. »

Elikori pose sans son chèche
Elikori pose sans son chèche

Mado me reparle de l’action chèvres. Elle va mettre l’argent provenant de la vente des chevreaux mâles sur un compte coopérative. Deux signatures seront exigées pour retirer de l’argent. Les femmes peu à peu pourraient devenir autonomes.

Voilà, l’heure du départ. Que dire de plus ?
— Que j’ai maintenant ici de vrais amis, que je reverrai en Suisse l’été suivant.
— Que Mado et Nema s’occupent aussi maintenant d’un centre de nutrition à Atar, avec l’association Passerelles de Béziers.
— Que le jeune Bouha a pris en charge l’action-chèvres avec la fille aînée de Hamadi, qui nous a quittés au milieu de l’année 2007.

Action chèvres
Action chèvres

Mes dernières phrases seront pour lui, sa discrétion, sa probité, sa gravité aussi. C’est grâce à lui que cette action a pu exister et se développer.

Si vous allez à Atar, n’oubliez pas de passer à l’Auberge dire bonjour de ma part à Mado, Nema et Bouha.

L’Auberge de Nema et Mado
L’Auberge de Nema et Mado

Le deuxième voyage