Ejeffe ou la force de l’imagination

par Cheikhmou

Créé le : 22 mars 2009

En Hassanya Ejeffe se dit pour un carré de gros morceaux de bois de Talh servant de base à la construction d’un puits. Outre la qualité de ce bois et sa force, il peut résister à l’eau pendant plusieurs décennies.

Mais ce vocable se dit aussi pour un support spécifique au transport à dos d’âne. Ejeffe est conçu à partir de deux morceaux de racines moyennes d’arbres comme Talh, Tematt ou Ndernaye.

Avant de leur donner par effet de pression une forme curviligne aux extrémités pointues, ces morceaux longs chacun de 80 à 100 cm sont mis en forme au feu. Ils sont ensuite attachés à quelques centimètres au-dessous des extrémités par du cuir et laissés se dessécher. Ainsi est obtenu Ejeffe.

Un âne équipé de Ejeffe
Un âne équipé de Ejeffe

La pose de ce support sur le dos de l’âne passe par plusieurs étapes :

  1. Placer d’abord un tissu épais sur le dos de l’âne lui servant de protection,
  2. Mettre Ejeffe dans le sens longitudinal du dos de l’âne,
  3. Le fixer transversalement par une corde qui reliera ses deux parties en passant par l’abdomen de l’âne,
  4. Le fixer vers l’arrière par une corde attachée à son extrémité arrière passant sous la queue de l’âne et revenant au point de départ en décrivant une boucle.

Deux charges (sacs, colis, bidons…) équilibrées peuvent donc être attachées chacune d’un côté. Au centre une place est libre pour un troisième bagage.

Ejeffe en bois de talh
Ejeffe en bois de talh
Les deux morceaux de racines sont solidarisés par une attache en cuir

Traditionnellement pour le transport d’eau, ce sont deux outres qui sont fixées sur les côtés et une troisième posée au milieu et retenue par celui ou celle qui dirige la bête. Aujourd’hui pour des raisons pratiques, ce sont les bidons qui sont utilisés dans le transport ; les outres étant réservées à la conservation et au refroidissement de l’eau.

Comme les outres, deux bidons peuvent être fixés aux extrémités de Ejeffe, chacun d’un côté et un troisième posé entre eux.

Le besoin a poussé l’homme à creuser dans son imagination afin de mettre à son profit les moyens offerts par la nature, même les racines d’arbres !