Elégance des Mauritaniens

par Colette

Créé le : 27 mars 2006

Odette du Puigaudeau écrit :

« Le Maure cherche toujours à se donner, par la dignité de son maintien, l’aspect respectable de l’homme sage et pieux, conscient de vivre sous le regard de Dieu. il marque ainsi sa différence à l’égard de ses chefs et de ses aînés, tout en inspirant le respect aux jeunes (et aux inférieurs). Il atteint ses buts par des vêtements amples et longs et par un art inné des drapés sculpturaux » voir les livres

Vivre dans le désert, pose autant de problèmes que dans les pays froids. Si on ne se protège pas des agressions du soleil et du vent, la peau se déshydrate et se dessèche. Les nuits sont froides, il faut pouvoir garder sa chaleur. Pendant la tempête de sable, la peau est fouettée, le sable rentre partout et blesse les yeux. L’habillement des gens du désert permet de supporter tous ces inconvénients climatiques. Donc, les vêtements sont amples et superposés, pour isoler et protéger.

Elégance vestimentaire chez les hommes de Mauritanie.

Le boubou reste la pièce incontestable du costume masculin traditionnel mauritanien. [1] C’est un grand drap, souvent en beau tissu damassé, le bazin, avec un trou pour la tête et des fentes dans les coutures pour les bras. Lorsqu’il fait chaud, Idoumou remonte les manches qu’il plie sur les épaules. Plusieurs poches larges et profondes, à la hauteur de l’encolure ou sur le côté, permettent le rangement de divers objets courants, comme la pipe, le briquet,.. l’argent.

Sous ce boubou, les hommes portent le sarouel, pantalon bouffant, avec une ceinture en cuir, longue, qui dépasse du sarouel.La tunique à manches courtes , permet avec le sarouel, une tenue décontractée quand il fait chaud.

Idoumou à côté d’un baobab chacal
Idoumou à côté d’un baobab chacal

Aux bivouacs, nos amis mauritaniens resteront habillés ainsi pour profiter du repos du soir, ou pour travailler à l’aise.

Mais n’oublions pas le turban, pièce d’étoffe de 3,5 à 5 mètres de long, noire ou bleue voire blanche. Ce turban se pose de différentes façons, mais toujours avec une dextérité étonnante. Le chèche protège le crâne et les yeux du soleil. C’est aussi un filtre pour les narines et la bouche, contre ce sable toujours présent. Et il permet également de garder une certaine humidité ambiante pour la peau.

Aux pieds, des sandales ouvertes permettent de marcher sur le sol brûlant et au sable de ressortir. Il s’agit maintenant de sandales modernes.

Elégance vestimentaire chez les femmes de Mauritanie.

Sans exception, toutes les jeunes filles et toutes les femmes rencontrées le long de notre circuit, même dans les villes sont habillées à l’identique. Un long voile souple les enveloppe sans pour autant leur cacher le visage. Comme pour les hommes, le voile sert de protection contre toutes les agressions du climat.

Femmes portant la melhafa
Femmes portant la melhafa

On pressent beaucoup de gaieté dans l’attitude des femmes. Le mouvement du voile pour cacher un peu la figure, ne semble là que par pudeur ou par timidité. Cela permet peut-être de cacher un air moqueur. Sous ce voile, une robe décolletée doit donner de l’aisance aux mouvements féminins. Un soir, lors d’un bivouac où les femmes tenaient boutique devant nous, j’ai acheté un de ces voiles. C’est une grande pièce de tissu, faite de deux bandes de 80 cm cousues ensemble sur plus de 4 m de long. Cette cotonnade, sur un fond bleu clair est décorée au pochoir d’un motif se répétant bleu plus soutenu. Les jeunes filles essaient de m’habiller de ce voile. Elles le plient en deux, sur un bord haut, pour faire deux petits nœuds. Passant la tête entre ses nœuds, il ne reste plus qu’à draper le reste du tissu autour de moi. Le tissu étant neuf et un peu apprêté, mon élégance reste à désirer. Mais l’ambiance sympathique, m’ a rapprochée de ces jeunes filles.  [2]

Souvent un bébé tète, confortablement lové au creux du bras de sa mère. Les jeunes filles et les femmes portent des bijoux, simples colliers de perles de toutes les couleurs.

A Atar, à l’occasion d’une visite en ville, accompagnés de nos amis Mohamed et Icerkou, nous avons abordé des jeunes filles qui tenaient un petit commerce. Tout de suite, le thé nous a été proposé et nous avons papoté, avec beaucoup de chaleur, sur leur vie.

Ces jeunes filles habillées de couleurs vives, avec des bijoux assortis et soigneusement maquillées, nous montraient leur téléphone caché dans un petit sac à main. Tout le long du circuit, les femmes aimaient beaucoup nous prendre les mains pour nous prouver leur amitié. Leurs mains baguées sont peintes de motifs au henné. Je suis certaine que ces femmes auraient voulu décorer les nôtres, mais nos rencontres étaient trop brèves

Description de l’Encyclopédie Encarta.

"Henné, arbuste à feuilles relâchées dont le suc est recherché pour ses propriétés colorantes. Egalement connu sous le nom d’alkanna ou de réséda, cet arbuste est très répandu dans les régions chaudes et humides du nord de l’Afrique et du Sud asiatique. Ses petites fleurs très parfumées, roses ou blanches, forment des grappes. La teinture rouge orangé extraite des feuilles est utilisée pour la coloration des cheveux. Les musulmanes l’utilisent pour teinter leurs ongles, le bout de leurs doigts et une partie de leurs pieds ; les musulmans pour teinter leur barbe. Cette teinture se prête également à la coloration des cuirs et des peaux ainsi qu’à celle des sabots et des crinières des chevaux. Des momies ont été retrouvées enveloppées dans des bandelettes teintées au henné."

  • Classification : le henné, Lawsonia inermis, appartient à la famille des Lythracées.
  • Famille : Apocynaceae

Voiles de femmes

[1] Guides bleus Hachette - Sahara. « Boubou ou costume cravate. "...Un sarouel qui s’arrête en dessous du genou, une tunique à manches courtes, sous le boubou la daraa ou avec l’encolure ornée de broderies dorées ou bleues) et pour couronner le tout un hawli, pièce d’étoffe servant de turban. »

[2] Guides bleus Hachette - Sahara. "Les femmes portent de façon très gracieuse la melhafa, voile enroulé autour du corps et de la tête à la façon d’un sari. Jadis noir ou teinté à l’indigo (qui déteint sur la peau), la melhafa passe aujourd’hui par tous les tons pastels et même plus vifs, vert pomme ou orange. En ville comme sous la kaïma, on s’habille de même."

Actuellement : 2 messages de forum

  • Elégance des Mauritaniens 24 juillet 2012 10:43, par Claire

    Bonjour Colette, je vous remercie pour ces articles enrichissants que vous avez publié. Merci aussi de me faire voyager. Bonne continuation !
    Claire du blog

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  • Elégance des Mauritaniens 19 juin 2010 09:57, par Maaya

    Bravo super site passionnant.Maaya

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