Chronique d’un voyage au cœur du désert

Elmoumeyhatt ou la nuit de l’imprévu

par Cheikhmou

Créé le : 24 mars 2009

chapitre 11

Enfin, un feu
Enfin, un feu
Les chèvres
Les chèvres
Le moment de la traite
Le moment de la traite
Un petit en train de traire
Un petit en train de traire
La têtée du chamelon
La têtée du chamelon
Le bétail
Le bétail
Bivouac à Elmoumeyhatt
Bivouac à Elmoumeyhatt
Le petit déjeuner
Le petit déjeuner

En fin de cet après-midi du douze septembre notre départ vers Aghmourett ne faisait pas l’unanimité au sein du groupe. Meimoune et moi-même voulions attendre jusqu’au petit matin pour éviter les tracasseries nocturnes mais l’insistance de deux femmes qu’on devait déposer sur notre route et le désir d’Idoumou de rencontrer El Bou, un ami à lui, emportèrent le dessus.

Peu après la tombée de la nuit, nous arrivons chez Ehel M’Hamed où nos deux femmes allaient descendre ; de brèves salutations et nous rebroussons chemin à la recherche d’El Bou chez qui désormais on prévoit de passer la nuit.

Mais El Bou est introuvable et deux heures d’intenses recherches n’ont pas suffi à le localiser ; aucun feu, aucun bruit dans une obscurité totale et un silence lourd et imperturbable.

L’alternative qui se présentait alors était de poursuivre notre circuit dans la fraîcheur de la nuit tant que nous le pourrions. Il fallait quand même marquer une petite pause pour la chose de toujours : les trois verres [1].

Une monumentale inattention

Meimoune constata que nous ne disposons que d’un petit bidon de cinq litres d’eau. Nos grands bidons de réserve étaient restés à Ain Savra. Monumentale inattention. Une négligence de taille et une lourde responsabilité de tout le groupe car en de pareils circuits la vigilance et le concours de tous sont indispensables.

La suite est claire : pas question d’avancer, il faut nécessairement revenir à Ain Savra à défaut de trouver une famille prête à nous prêter des bidons pour y amener de l’eau. Meimoune nous servit le thé. Il a l’air mécontent. L’heure était grave mais non catastrophique. A côté de l’endroit où nous sommes, campent beaucoup de familles desquelles nous sépare une obscurité impénétrable.

Finie la séance de thé, nous mettons le cap sur Ain Savra lorsque soudain une torche s’alluma. Nous fixons sa direction et nous nous dirigeons vers elle. Peu après, le bruit des chèvres et des brebis étaient audibles, un feu apparut ; nous comprimes alors que nous serons bientôt entre de bonnes mains et pourrons peut être éviter un retour vers Ain Savra aussi coûteux en carburant qu’en énergie.

Quelques instants après nous nous retrouvons chez Ehel BABE, famille d’Ain Savra en provenance du Tagant. Satisfaction et joie. L’accueil fut comme d’habitude chaleureux et le traitement traduit l’hospitalité de toujours : thé, lait de brebis, lait de chamelle, riz à la viande de mouton et une agréable atmosphère de détente. Dans cette partie de ce désert imprévisible appelé Elmoumeyhatt, nous nous couchons ce soir très tard, vers deux heures du matin sous un ciel large et clair, théâtre d’un spectacle silencieux et lointain dont les acteurs de tous les âges se regardaient inlassablement.

Au lever du jour, on découvrit un très beau paysage mais une activité intense. La règle veut que le bétail quitte sa demeure très tôt le matin. L’un des hommes, occupé par les chamelles, sollicite l’appui de Meimoune. Le petit Sidi trait les chèvres et les brebis. Lui seul sait l’usage de la corde à colliers. Il connaît le petit de chaque brebis et il doit l’orienter vers sa mère pour qu’elle s’allaite et le fait revenir à la corde à colliers, sorte de garderie.

Plus loin, la femme semble plonger dans des occupations et l’homme le plus âgé nous sert le thé et le lait, nous donne deux bidons remplis d’eau et ne cache pas sa disponibilité à nous aider. Infaillible gentillesse.

De ces gens nous avons gardé un très beau souvenir et avant de les quitter pour Aghmourett, étape suivante, nous les remercions pour tout ce qu’ils nous ont fait et leur exprimons toute notre gratitude espérant leur faire un jour le retour.

Les chamelles Autres chamelles

Chamelles Chamelles avant le départ
Le troupeau de chamelles au lever du jour
Un ciel large et clair
Un ciel large et clair
Le théâtre d’un spectacle silencieux et lointain

Chronique d’un voyage au cœur du désert

[1] Les trois verres : la pose thé