Sur les chemins de l’histoire

En 65 Marsouin à Atar

par Michel

Créé le : 9 février 2012

Atar 1965

Eléments de la vie d’un Marsouin sur la base aérienne 164

L’idée m’est venue de relater quelques passages de la vie d’un Marsouin [1] de la C.C.S [2] détaché sur la base aérienne 164 en Mauritanie.

Le temps passe si vite dans ce grand sablier qu’est le Sahara, qu’il fallait profiter des moindres occasions pour laisser des traces par des photos et quelques écrits.

La base aérienne et le camp Lecoq en 1965

vue générale du mirador de la base aérienne 164
vue générale du mirador de la base aérienne 164
On remarque, sur la droite, les power wagon du 2e peloton.
Le camp Lecoq et la base aérienne faisaient partie d’un même ensemble.
Les barbelés et la zone de rocaille
Les barbelés et la zone de rocaille
Le camp, la base et la piste étaient ceinturés par d’énormes blocs de pierre, de piquets reliés entre-eux par des rouleaux de barbelé. La nuit, les miradors étaient opérationnels avec leurs projecteurs.
Le garage Lecoq
Le garage Lecoq
Le garage avec vue sur le camp Lecoq.
Le garage du camp Lecoq
Le garage du camp Lecoq
Au premier plan le dépôt de carburant du camp Lecoq, plus loin le parc auto avec au fond la base aérienne 164.
Tour de contrôle et place d’Armes
Tour de contrôle et place d’Armes
Son canon de 75 au centre avait l’air de surveiller la piste et les contreforts des monts de l’Adrar. La place d’Armes servait de lieu de rassemblement et pour la levée des couleurs.
Le mess des officiers
Le mess des officiers
Le bâtiment du mess des officiers. Il fait encore trop chaud pour les apercevoir dehors en tenue saharienne.

« ici le central j’écoute »

Le bâtiment des transmissions
Le bâtiment des transmissions
Il se situait sur la place d’Armes à l’opposé de la tour de contrôle et au pied d’un mirador côté ville.

C’est à l’intérieur de celui-ci que j’ai passé la plupart de mon temps. J’étais au central téléphonique. Mon travail consistait à installer de nouvelles lignes, les entretenir ainsi que de contrôler les batteries de secours. J’assurais aussi une permanence au standard qui fonctionnait 24h sur 24, 7 jours sur 7, avec la petite voix : "ici le central j’écoute".

Départ du 2e peloton avec en premier plan le radio
Départ du 2e peloton avec en premier plan le radio
Départ pour une reconnaissance, aux aurores : le peloton armé, équipé, les réserves d’eau faites, le personnel présent et motivé attend l’ordre de partir en direction de la frontière du Rio de Oro . Une bande armée a été aperçue, y a-t-il une intrusion sur le territoire ?
Jour de manoeuvre des paras
Jour de manoeuvre des paras
Dans l’année avait lieu sur deux jours des manoeuvres avec saut des paras, marche et tir, de quoi ne pas perdre la main.
Avion légendaire bimoteur de transport Douglas DC-3 [3]
Arrivée de la liaison Dakar Atar
Arrivée de la liaison Dakar Atar
Le seul lien régulier avec Dakar, l’arrivée du DC3 avait lieu en fin de journée pour éviter la grosse chaleur. Dans sa soute on trouvait le courrier, les colis et bien d’autres choses. De temps en temps atterrissaient des Nord 2000, qui apportaient le matériel nécessaire pour le bon fonctionnement de cet ilot Français dans une mer de sable.
La mascotte
La mascotte
La mascotte est arrivée un beau matin en transit de je ne sais d’où avec un caporal de carrière. Elle fut l’attraction durant des semaines, elle remplaça facilement le baby-foot et les jeux de cartes du foyer. Elle disparut du jour au lendemain sans crier gare pour rejoindre avec son propriétaire sa nouvelle affectation.
Le cinéma
Le cinéma
L’écran était peint sur le mur. A mon bon souvenir il n’y a eu qu’un seul film de projeté dans l’année 65. Pour le motif suivant : trop difficile de faire venir le personnel de Dakar.
La piscine
La piscine
Un petit coin de paradis. De l’eau, de l’eau, des buissons, un mirage ? Non ! La piscine de la base ! Le rêve quoi ! Pas tout à fait, uniquement pour la troupe le dimanche après-midi de seize à dix-huit heures.
Antennes radio
Antennes radio
Les antennes radio, le seul lien avec la base arrière de Dakar camp Pol Lapeyre et les postes avancés de Fort-Trinquet, Fort-gouraud, Nouakchott, Port-Etienne et bien sûr la France.
Vent de sable
Vent de sable
Souffle le vent, les contreforts de l’ Adrar semblent voilés par ce nuage de sable continu.
Vent de sable dans l’allée du château d’eau
Vent de sable dans l’allée du château d’eau
Un vent de fou souffle, le ciel chargé de sable reste invisible, les grains passent de partout, la gorge s’assèche, les yeux piquent. Demain, si le vent a fini de souffler : corvée de dépoussiérage ! Le matériel en premier, les abords et les chambres après, avec en prime, une inspection pour rigoler !
La pucelle
La pucelle
Cette insigne du 12 ème était vendue au foyer sur un morceau de cuir rouge. Le pied était de faire comme les anciens : trouver un bout de peau de dromadaire ou de chèvre, une opération qui demandait quelquefois plusieurs semaines suivant les permissions pour une sortie en ville.

Autour du camp Lecoq

La piste et les monts de l’Adrar
La piste et les monts de l’Adrar
passage d’une caravane de sel sur la piste d’aviation
passage d’une caravane de sel sur la piste d’aviation
Intervention d’urgence sur une caravane venant du Nord-Est qui voulait couper au plus court en traversant la piste et la base aérienne pour rejoindre la ville d’Atar. Avec notre guide et interprète, dénommé Neunoeil par le commandant, il fut aisé de les faire dévier de leur route initiale.
Un vaisseau du désert harnaché
Un vaisseau du désert harnaché
A l’arrêt un DTT ( dromadaire tout terrain) sur la place du marché : il n’ était pas rare de voir ces vaisseaux du désert harnachés, attendre que leur propriétaire aient fini leurs emplettes pour repartir sur les pistes de sable.
La fin du voyage
La fin du voyage
Hélas pour celui-ci à cause de son manque d’énergie, il attend son sort avant de repartir en morceaux. Ce qui fera la joie des habitants !
Pause des dromadaires avant le prochain départ
Pause des dromadaires avant le prochain départ
Enfin, après plusieurs péripéties, la caravane épuisée arrive à sa destination. Les dromadaires sont alors déchargés de leur lourd fardeau avant d’aller se désaltérer et se reposer en vue d’un prochain départ. Étape pour ces vaisseaux du désert, certains ont encore une longue route à faire, d’autres seront vendus demain sur la place du marché.
Place du souk
Place du souk
Place du souk (du marché), l’endroit ou l’on pouvait acheter, troquer, tous les objets possibles et inimaginables de l’artisanat local au matériel de fabrication européenne. Sur cette place une nuit de 1965 a eu lieu un très grand incendie, les flammes étaient visibles du camp Lecoq.
Atar, une rue animée
Atar, une rue animée
Au centre-ville, une grande rue bien large avec de la circulation, enfin des habitants !
Rue à ATAR
Rue à ATAR
Atar, première rue depuis des kilomètres. Pas de pavés, toujours du sable, tassé par des milliers de passages.
Michel sous les palmiers
Michel sous les palmiers
Jour de repos, le dimanche après la sieste, il est de bon ton de se rendre à la piscine. Celle-ci est fermée à clé par mesure de sécurité. Trop en avance, il faut attendre, en position assise, à l’ombre. Je guette la venue d’ un responsable de baignade pour enfin avoir la joie de barboter dans cette eau de rêve si rare ici.
N’hésitez pas à me contacter - Michel.
  • ADRAR : L’Adrar est la 7e région administrative (wilaya) de la Mauritanie. Située au cœur géographique et historique du pays, elle doit son nom au plateau gréseux de l’Adrar qui domine une région désertique relativement plate – le mot adrar désignant « une montagne » ou une « crête montagneuse » en langue berbère1. On la dénomme souvent « Adrar mauritanien », afin d’éviter toute confusion avec la wilaya d’Adrar algérienne ou l’Adrar des Ifoghas au Mali. (source : wikipédia)
  • Le Río de Oro est la partie méridionale du Sahara occidental.
  • Le 2eme peloton du 12eme E.S.D.C était sous les ordres d’un lieutenant M, venant de Fort Gouraud. Son cantonnement sur la base lui donnait une mobilité rapide.

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Anciens de Mauritanie, vous pouvez contribuer aux chemins de l’histoire !
Peut-être possédez-vous des photos datant de cette époque ?
Le Jardin d’Idoumou vous propose de les partager en les publiant.
C’est facile, n’hésitez pas, contactez Alain ou l’auteur de cet article Michel. Merci d’avance.

[1] Marsouin : désigne les militaires de l’infanterie de marine française.

[2] C.C.S. : Compagnie de Commandements et des Services - englobe globalement les bureaux administratifs, la prévôté (gendarmerie militaire sur une base) le vaguemestre (la poste), l’armurerie, les bâtiments techniques, du matériel, et des télécommunications. ATAR faisait partie de la 2ème zone d’outre-mer n°1 - le Groupement Saharien (G.S) n°1 et les unités le constituant sont dissous le 31 mars 1965, la C.C.S et le 12eme E.S.D.C sont affectés au 1er Régiment Inter-Armes d’Outre-Mer (1er R.I.A.O.M ).

[3] Avion bimoteur de transport Douglas DC-3 : Le Douglas DC-3 est un avion bimoteur de transport légendaire, dont 10 655 exemplaires ont été construits par Douglas Aircraft Company1 avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, sans compter les copies produites en URSS et au Japon. Conçu à l’origine comme une évolution du Douglas DC-2 permettant le transport de nuit dans de grandes conditions de confort de passagers empruntant les lignes transcontinentales d’Amérique du Nord, il est rapidement devenu un outil indispensable des armée alliées durant la Seconde Guerre mondiale. (source : wikipedia)

Actuellement : 11 messages de forum

  • En 65 Marsouin à Atar 14 juillet 09:20, par chamignon

    j aimerai retrouver des copains des annees 63/64. chauffeur 11ctama atar quelque noms :rouquette-nardin-conte-billet-etc pebia (y a pas couiller) mariperle (indou)

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  • En 61 Marsouin à Atar 2 mai 2015 00:35, par bourgeois

    bonjour, je suis Bourgeois jean.pierre...j’ai passé 2 ans à Atar ; je souhaiterai retrouver des copains de cette époque de la classe 61C.

    Cordialement

    Au paquet la colo.

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    • reponse En 61 Marsouin à Atar

      3 mai 2015 10:40, par Michel

      Salut jean-pierre, désolé pour toi car je n’ai que très peu de noms et que des gars de la 64. Pour tout autre renseignement voici mon adresse mail mi.bos hotmail.fr merci de ton contact et peut être à bientôt. rompez les rangs MARSOUIN

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      • reponse En 61 Marsouin à Atar

        19 novembre 2016 10:16, par danieldemoulin0428@orange.fr

        salut je suis daniel demoulin j ai quitte atar en avril 1965 j etais dans le batiment avant le poste de garde mon lit etait le 2eme en entrant a droite les copains destrieux dangreville,morvan,rose,guy mahe,geraud,le capitaine labadens,l,adjudant isnard, tu meux me laisser un mail

        danieldemoulin0428 orange.fr

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  • En 65 Marsouin à Atar 23 octobre 2013 17:48, par Jean-Marie Gautier

    Bonjour,
    J’ai moi-meme passe 10 mois a Atar en 1962-1963 à la BA 164 où j’étais au central téléphonique,j’étais caporal dans l’armee de l’air et je garde un bon souvenir de cette période qui m’a permis de connaitre le désert.
    J’ai bien reconnu le batiment ou je passais de tres nombreuses heures surtout que c’était le seul avec de la clim.
    Bravo pour ton site,
    Jean-Marie

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  • En 65 Marsouin à Atar 30 septembre 2013 23:11, par Yves BESERVE

    Bonsoir Michel,

    Il y a quelques semaines, j’ai répondu à un message que tu as laissé sur le site de Fort-Gouraud. J’ai
    remarqué que nous avons séjourné là-bas à la même époque, en 1965. Tu étais au 1er peloton,
    encadré par le sergent Martin. Tu étais avec Menestret et Lacroix, avec lesquels je suis arrivé. J’ai
    félicité René dans ce message, mais je n’avais pas vu le travail remarquable que tu as fait sur Atar.
    Donc, je t’en remercie car je n’avais aucune photo.

    Un grand salam !

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  • En 65 Marsouin à Atar 9 décembre 2012 22:25, par charles

    je suis arrivé a ATAR en décembre 1964 j’ ai quitte ATAR enfin septembre 1965 . J’etais l’ électricien du casernement j’ ai éffectué l’ installation électrique de la nouvelle boulangerie .Merci pour les photos cela me rappelle de bons souvenirs

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  • En 65 Marsouin à Atar 17 février 2012 05:10, par Lionel

    Bravo Michel pour cet article interessant, si ta vie est pleine de moments comme celui la , a quand le livre ?

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  • En 65 Marsouin à Atar 15 février 2012 19:31, par Les Versaillais

    Bravo Michel pour cet article - nous attendons avec impatience la suite de tes aventures.
    Pour ceux qui comme nous avons la chance de te connaître, il est maintenant aisé de comprendre pourquoi tu réponds encore aujourd’hui au téléphone par "oui, allo j’écoute" ;-)

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  • En 65 Marsouin à Atar 10 février 2012 23:59, par René.Chenevat

    Que de souvenirs !...Merci encore pour le Marsouin (Michel) qui n’ hésite pas a se jeter a l’eau pour nous rappeler souvenirs et images de notre jeunesse , et un grand bravo a Alain pour la finalisation de cette article. René.

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    • reponse En 65 Marsouin à Atar

      12 décembre 2012 22:29, par charles

      j’ai passé 10 mois a Atar de décembre à septembre 1965, j’étais l’ électricien du casernement, j’ai effectué l ’installation électrique de la boulangerie qui a été construit devant les 2 cabanes métalliques pres des transmissions. Merci pour les photos cela rappelle de bons souvenirs

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