Vivre dans le Désert

Et l’aventure continue

par Colette

Créé le : 24 mars 2006

chapitre 5

Des crocodiles de Matmata aux eaux chaudes de l’oasis de Terjit puis l’Adrar à nouveau, le périple se termine.

En continuant la piste bien tracée, tout à coup, dans un paysage grandiose, apparaît sous la soleil, au pied d’une gigantesque dune blanche, la petite ville d’N’Beïka. Une de mes photos préférée servira de modèle pour une aquarelle que je recevrai plus tard en cadeau.

N’Beïka
N’Beïka

Le long de la rue se tient le marché et les boutiques, qui regorgent d’objets. On nous propose des turbans, des pipes, du thé... Idoumou nous offre des boissons fraîches. Il fait chaud certes, mais sans trop d’excès. La chaleur est la plus forte entre 11 h et 16 h, ensuite c’est tout à fait supportable. On savoure ce temps magnifique tout au long du séjour.

Pour le bivouac du soir à proximité de Matmata, il faudra se contenter d’installer sur le reg, une sorte d’immense dalle rocheuse noire, la raïma et la cuisine, solidement attachées aux véhicules. Cette roche restituera, tard dans la nuit, la chaleur accumulée dans la journée. Nous n’avons pas trouvé de pain à N’Beïka. Idoumou confectionnera une grosse galette cuite dans la cendre chaude. Le pain se cuit, soit dans la cendre chaude, soit dans la grande cocotte, sur le réchaud à gaz.

A l’aube, nous partons à pied, en silence pour essayer d’apercevoir des crocodiles qui devraient se trouver dans deux belles gueltas, au pied de grandes falaises de granit. Toutes les couleurs sont représentées, le noir des cailloux, les verts de l’eau, les beiges du sable, avec des éclats différents dans chaque couleur. Dissimulés derrière de gros rochers, sans faire de bruit et cela n’est pas facile dans ses cailloux qui bougent, nous aurons la chance d’observer en contrebas un énorme crocodile posé sur le sable, immobile. Il s’est dressé d’un coup et d’un mouvement brusque, en un quart de tour a plongé dans l’eau verte. On ne voit plus que sa tête et les remous dans l’eau.

Par un oued sec, nous arrivons à Ksar el Barka. Le puits annoncé et tant attendu pour notre toilette, contenait peu d’eau dont l’odeur nous a vite dissuadée. Des papillons aux petits dessins blancs et noirs volaient autour du puits.

Nous visitons les ruines de l’ancienne Ksar el Barka, ses maisons, ses ruelles, sa mosquée dont les colonnes sont bien conservées, certaines encore enduites.

Ruines de Ksar el Barka
Ruines de Ksar el Barka
Troupeau d’un nomade heureux de sa vie
Troupeau d’un nomade heureux de sa vie

Des pierres posées en biais décorent de nombreuses façades. Le sable envahit tout. Notre bivouac sera situé sur une mer de dunes, sans trace, sinon la dentelle laissée par des bousiers.

Un marigot
Un marigot
Provision d’eau avec les ânes
Provision d’eau avec les ânes

Au loin, on voit arriver un troupeau d’une trentaine de chameaux. Le chamelier est à l’arrière. C’est une connaissance d’Idoumou. Cette rencontre se transforme en moment d’émotions, salamalecs, remerciements et échanges de cadeaux. Le chamelier ira traire une chamelle pour nous offrir du lait.

Le bol de lait - cadeau des chameliers
Le bol de lait - cadeau des chameliers

Au bivouac suivant, à proximité d’un puits bien alimenté, nous ferons notre lessive. Isselkou lave les boubous. Dans la nuit, un fort vent nous oblige à tenir le mât, et à remettre du sable tout autour de la raïma.

C’est dans un espace plus riche en oueds, donc en puits et oasis que nous continuons en direction de Timinit. Nous sommes sur des dunes à perte de vue, puis nous quittons le sable pour des passages de cailloux et des montées impressionnantes. Il faudra descendre des 4x4 qui s’engagent dans un étroit couloir, où un véhicule ne semble pas devoir passer. Sur le plateau suivant, un village semble abandonné. Les propriétaires de palmiers habitent ici seulement en juillet et août pour la guetna, c’est-à-dire la récolte des dates et la fête qui la clôture.

Plus loin, l’oasis de El Berbera, est située dans un effondrement entouré de falaises. Le sentier est rapide et beaucoup d’enfants nous accompagnent.

En bas, l’oasis El Berbera
En bas, l’oasis El Berbera
Luxuriance et fraîcheur
Luxuriance et fraîcheur

On croise des ânes chargés de lourds bidons d’eau pour les besoins du village. Nous observons des traces de vipères dont les anneaux s’incrustent dans le sable. Les petites filles qui me prennent par la main sont pieds nus. Elles ne me lâchent plus de la visite en écartant les palmes sur mon passage. J’en garde un souvenir ému.

Les deux propriétaires nous guident pour la visite de l’oasis. L’eau fait l’objet d’une gestion surveillée pour la distribution aux légumes, aux arbres fruitiers et aux palmiers. Cette eau est conduite par des canaux creusés dans le sable à quantité de petits carrés cultivés, véritables damiers. Sous la cascade, dont la roche est recouverte de mousses, nous en profiterons pour prendre une agréable douche. Le thé nous est offert sous la fraîcheur des palmiers. Ce sera un moment délicieux.

Par une descente caillouteuse et assez vertigineuse, nous atteindrons la grande oasis de Maireth.

Idoumou y possède des propriétés. Son père, Imam y habite. Nous allons le saluer puis on nous installe dans un grand tikit couvert de palmes. Idoumou nous guide dans la palmeraie où les moteurs des pompes se sont calmés en cette fin de soirée. Il est fier de nous montrer ses travaux d’irrigation et ses puits en construction.

Comme d’habitude, des femmes étalent un commerce devant notre emplacement. J’achète encore une robe légère, mais trop longue pour moi. La vendeuse trouvent une solution : un petit nœud sur chaque épaule. Je porterai la robe pour la soirée.

En quittant Maireth on saluera l’oasis une dernière fois depuis les hauteurs. C’est par une alternance de cailloux et de dunes, que nous arrivons à la Vallée Blanche.

On pousse
On pousse

Le « chameau » s’enlise, tout le monde pousse pour le dégager.

L’oasis de Terjit sera notre dernière visite. Elle est située, au fond d’un ravin tout ombragé et frais, avec de l’eau qui coule partout. Encore un agréable moment de fraîcheur avant de retrouver la ville.

Plafond d’un tikit
Plafond d’un tikit
Boutique de boubous
Boutique de boubous

Après avoir passé l’habituel contrôle de police, nous entrons dans Atar pour rejoindre l’auberge Rhyama.

Mohamed nous guide dans la ville et nous conduit au marché dont une grande partie est composé de galeries situées sous le couvert d’arcades. Les boutiques, toutes différentes les unes des autres, se côtoient dans une atmosphère animées et colorée.

Des vendeurs nous interpellent pour nous proposer divers articles toujours avec courtoisie. Encore une fois, nous aurons l’occasion de boire le thé dans une boutique.

coucher de solei

Le lendemain après les formalités d’embarquement, l’A340 d’Air Méditerranée s’envolera pour la France.


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