Cinq jours de marche dans les canyons de l’Adrar

La nostalgie

par Bénédicte

Créé le : 9 décembre 2007

chapitre 7 et fin

Vivre au rythme du thé à trois temps, à mille temps. Marcher à l’aube et au crépuscule. Entre les deux, dormir, rêver, lire et écrire.

Quelques semaines plus tard...

Nina sur la dune
Nina sur la dune
Jeunes visiteuses à la pause, sous l’acacia.
Jeunes visiteuses à la pause, sous l’acacia.

Canyons de l'Adrar

On a encore les pieds dans le sable et la tête dans le ciel de Mauritanie. On échange nos photos sur CD. Loïc nous envoie des poésies. Bizarre. J’avais pourtant les pieds sur terre, avant. Avant, je ne savais pas, tous ces amoureux du désert, ce qu’ils y trouvaient. Marcher là ou ailleurs, quelle différence ?

Maintenant, je commence à comprendre : le dépouillement, la vie réduite à l’essentiel, un puits, des chameaux pour porter eau, nattes, khaïma. Quelques brindilles pour les braises, les braises pour le thé et le pain mis à cuire le soir pour le matin. Le minimum. Juste assez d’eau pour boire et se laver, le fond d’un bol, le minimum de sueur, aussitôt évaporée, et la peau n’a pas d’odeur, ou alors l’odeur minérale du sable. Le minimum de noir quand c’est la pleine lune, le minimum de jour quand c’est la nuit noire. Le minimum de mots aussi, car trop parler fatigue. Jusqu’aux simples merci qui se font rares.

Sans bruit, à l’aube, Ahmed touche le pied de Mohamed et lui tend le premier verre de thé. Lenteur des mouvements, silence des déplacements dans le sable. Comme une danse sans musique. Beauté de l’épure, sans fioritures. L’élégance du bazin bleu clair brodé de fils d’or. Pourquoi d’autres couleurs quand ces deux-là résument l’air et la pierre, la lumière et le sable, le ciel et l’infini ?

On pourrait marcher comme ça des jours et des jours, jusqu’à brûler toute la graisse de nos corps repus, jusqu’à oublier le temps, le mois, l’année. Jusqu’à oublier, comme les nomades, l’année de sa naissance.

Vivre au rythme du thé à trois temps, à mille temps. Marcher à l’aube et au crépuscule. Entre les deux, dormir, rêver, lire et écrire.

Bénédicte


Maintenant, j’en suis sûr :
J’ai une autre patrie, là-bas, très loin
Une patrie dont j’ignore presque tout, mais
Qui a étanché ma soif de sens et d’espace
Qui m’a accueilli à ciel ouvert
Son bien le plus rare
Elle me l’a donné, sans compter.
Et pour lui rendre son eau,
Au bord de ses gueltas,
Je me suis assis et j’ai pleuré
Des larmes d’innocence.
 
Loïc
Et les chameliers s’en vont, avant tout le monde, tout doucement, sans faire de bruit...
Et les chameliers s’en vont, avant tout le monde, tout doucement, sans faire de bruit...

Cinq jours de marche dans les canyons de l’Adrar

Si vous étiez tentés...

Le guide Mohamed El Hacen est né en 1965 du côté d’Aioun, dans le sud de la Mauritanie. Géographe de formation, il est guide depuis plus de dix ans.

  • e.mail : hacen32GUIDE [1]
  • portable : 00 222 695 82 49
Mohamed El Hacen
Mohamed El Hacen

Nema Kebach et Madeleine Grize, de l’auberge El Khaima à Atar, organisent aussi des voyages à la carte.

Vous pouvez aussi consulter le site de la Balaguère, organisateur de ce voyage.

Les photos de ce site ont été prises par Nina Saouter.

La carte de notre itinéraire
La carte de notre itinéraire
Empruntée au site de la Balaguère

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