Cinq jours de marche dans les canyons de l’Adrar

Le premier bivouac

par Bénédicte

Créé le : 21 novembre 2007

chapitre 1

Les gamins, les femmes, puis de jeunes hommes en bleu s’assoient autour de nous, nous regardent, calmes, avares de mots, mais riches de regards.

10 avril 2006

Premier acacia : premier bivouac
Premier acacia : premier bivouac

Jeux d'enfants

Un thé au village d’Azoughi
Un thé au village d’Azoughi
De plus en plus de monde<br/> autour du thé
De plus en plus de monde
autour du thé

Arrivée à Atar, après un vol charter digne de ce nom. Un gamin nous distribue des fiches au pied de la passerelle. 36 degrés, alors que nous luttions contre la bise à Paris. On s’entasse à l’ombre du bâtiment sommaire qui sert d’aéroport. A gauche un porche, à droite une moitié de tapis roulant pour les bagages. Enfin, la porte s’ouvre, on entre dans une pièce carrée où on passe de guichet en guichet pour obtenir tampon sur passeport, signature sur tampon, numéro au-dessus, et enfin, des ouguiyas contre nos euros. Deuxième étape : récupération des bagages sur la partie intérieure du tapis roulant qui fonctionne, faisant taire les mauvaises langues.

En 1996, nous dira plus tard Mohamed, quand les premiers charters ont atterri à Atar, on débarquait les sacs directement des soutes dans les 4x4.

Enfin, hall d’accueil où les guides de La Balaguère nous attendent, vêtus de leurs larges boubous en bazin bleu ciel qu’on appelle des "draâ". Notre guide s’appelle Mohamed El Hacen. On fait connaissance en attendant le 4x4, sous un ventilateur.

Vingt minutes plus tard, après une traversée éclair d’Atar, on nous débarque en plein cagnard sous un acacia où les chameliers font la sieste. C’est notre premier bivouac : nattes sur le sable, un fin matelas mousse pour chacun, dattes, arachides et biscuits sur un plateau d’alu, thé à trois temps. Pour faire le thé, il faut trois choses : le groupe, la braise et la lenteur. En arabe c’est quelque chose comme "Jamaa, Jahra, et zaaan".

Il est 14h00. Economie de mouvements jusqu’à 17h00, où l’on s’achemine vers le village d’Azoughi. Une heure de marche pour voir les ruines d’un site almoravide dont les fouilles ont été financées par l’UNESCO. Peu probant, et terriblement dissuasif par cette chaleur. Les enfants nous entourent, nous guident vers une "auberge" où on peut trouver à boire. On nous déroule des nattes sous un minuscule auvent. Cocas et fantas frais apparaissent, comme par miracle.

Les gamins, les femmes, puis de jeunes hommes en bleu s’assoient autour de nous, nous regardent, calmes, avares de mots, mais riches de regards. Le groupe, la lenteur, les yeux de braise, on commence à assimiler. Le désert, c’est le contraire de la solitude.

Une heure et demie plus tard, on repart vers notre acacia alors que le soleil a presque disparu de l’horizon. Dans deux jours, c’est la pleine lune.

Encore un thé à trois temps avant de dormir.


Cinq jours de marche dans les canyons de l’Adrar