Cinq jours de marche dans les canyons de l’Adrar

Les dunes

par Bénédicte

Créé le : 21 novembre 2007

chapitre 3

Il nous annonce qu’on peut faire tout le trajet ce matin, si on veut. Tout le monde est d’accord, ouf !

13 avril 2006

Le vent de sable et les dunes

Ahmed et Asham, conduisant les chameaux aux sabots en forme de raquettes.
Ahmed et Asham, conduisant les chameaux aux sabots en forme de raquettes.
Pratique dans le sable !
Le plaisir de marcher pieds nus dans le sable frais du matin
Le plaisir de marcher pieds nus dans le sable frais du matin
Et voici Nina, notre photographe, perchée sur la falais
Et voici Nina, notre photographe, perchée sur la falais
Des rochers, et du sable pour amortir la chute : dommage qu’il fasse trop chaud pour l’escalade...
Des rochers, et du sable pour amortir la chute : dommage qu’il fasse trop chaud pour l’escalade...

Hier soir, c’était la pleine lune, et la fête de Mouloud. De notre campement paradisiaque, on entendait de la musique. Le vent soufflait de plus en plus. Les chameliers ont monté la grande tente basse qu’on appelle khaïma. Après le repas, Nina a voulu aller voir d’où venait la musique. Memine, notre cuisinier, nous a accompagnées à l’auberge toute proche où des jeunes filles chantaient et jouaient du tambour sur un bidon. C’était étrange au milieu de tout ce silence.

On s’est endormi à côté de la khaïma pour se réveiller brutalement à trois heures. Un vent puissant soulève le sable. On se réfugie tous sous la tente dont la toile commence à se soulever sur un côté.

Le sable entre partout. A six heures, c’est Loïc qui nous réveille en chantant : " Le petit-déjeuner vous attend là-bas sous les arbres !"

La tempête bat son plein. Le ciel est couleur de terre. On croirait que le jour ne s’est pas levé.

Et pourtant c’est vrai : Memine et Mohamed nous attendent, embusqués derrière un buisson, à l’abri du vent, avec la natte, le thé, le pain cuit la veille dans les braises, et le pot de nutella vanille. Je demande si ça va durer longtemps. Mohamed, toujours aussi placide, répond :
— « Deux heures ou trois jours, ça dépend. »

Et on se prépare à partir, comme d’habitude, et les chameliers enveloppés de leurs chèches chargent les chameaux, comme d’habitude. Le chèche, voilà la solution, un foulard, n’importe quoi, fera l’affaire pour les imprévoyants. Heureusement, on a le vent dans le dos pendant la montée sur le plateau qui domine la palmeraie.

La tempête se calme. Peu à peu, le paysage devient vraiment magnifique, de hautes falaises érodées par le vent, le pied couvert d’éboulis, puis d’une coulée de dunes qu’on traverse à la fraîche, sans perdre de vue la silhouette bleue de Mohamed qui va toujours d’un pas égal et allongé, avec l’air de marcher au-dessus du sol.

Comme un berger, il surveille ses brebis de loin, s’arrêtant toutes les 45 minutes environ à l’ombre d’un acacia pour rassembler le troupeau sans en avoir l’air.

Il nous annonce qu’on peut faire tout le trajet ce matin, si on veut. Tout le monde est d’accord, ouf !

Arrêt définitif à la sortie de l’oued, devinez où ? Sous un ... acacia ! Mais un très bel acacia, entouré de mesas et de falaises effritées, un acacia au tronc fourchu sur lequel on peut même s’asseoir. Mahmoud " moins cher que gratuit" arrive, installe son tapis rouge, toujours en silence, partage le repas des chameliers. Je lui achète un petit couteau dans un étui de cuir.

Il a marché deux heures depuis Tirgit pour venir ici. On adopte la technique nomade pour rafraîchir l’eau : la verser dans un bol en alu et pencher légèrement le bol face au vent. Le soir, un chameau d’un autre campement blatère en haut de la mesa en même temps que la lune se lève. Il cherche un passage pour descendre.


Cinq jours de marche dans les canyons de l’Adrar