Chronique d’un voyage au cœur du désert

Sur la route de Tenwemend ou le désert à coeur ouvert

par Cheikhmou

Créé le : 14 décembre 2008

chapitre 4

On s’est rappelé tardivement que nous avons commis une imprudence de taille : nous n’avons aucun moyen de communication !

Après une plongée dans l’histoire et le recueillement, profonde à l’image de son cratère, nous quittons Awelloul pour essayer d’achever cette première journée de notre périple.

Au départ d’Awelloul, l’univers est béant, les pistes ou du moins les traces des 4x4 se voient dans tous les sens et dans toutes les directions, ce qui me fait dire que nous traversons un désert à cœur ouvert avec une permission tacite d’aller n’importe où.

Coulée de la Bartha de Tivrirt Au bord de la Batha de Tivrirt

Coulée de la Batha de Tirvir

Cependant, il nous faut bien choisir et maintenir la bonne piste. La meilleure pour la continuation de notre itinéraire, est celle qui nous fera descendre sur Tivrirt.

Vers Imougayine Sieste à l'ombre
Cordon dunaire d’Imougayine
Cordon dunaire d’Imougayine

De loin, l’alternance des rochers, des dunes de sable et des arbres entourant un grand oued venant de recevoir une bonne pluie rappelle un beau paysage frôlant le montage.

Au regard de ce paysage fantastique, le groupe décide de se reposer au bord de l’eau compte tenu de la chaleur de cette journée de Septembre. Il est 14 h GMT.

Nous repartons à 15 h laissant à l’ouest Berbare, Timagazine et Laweine ; belles oasis enfoncées au creux des montagnes derrière lesquelles se trouve Awjeft, autre département de l’Adrar.

Une fois encore, la vigilance est de rigueur. Devant nous, le cordon dunaire de Imougayine nécessite attention et concentration pour éviter les ensablements et les enfoncements dans des culs-de-sac insurmontables.

Une fois cette traversée terminée avec succès, apparait l’oasis d’Imougayine et les montagnes bordant Tenwemend de laquelle on est à une trentaine de kilomètres.

Une imprudence de taille

La prochaine escale sera à Daaji derrière Imougayine de dix kilomètres ; ici on s’est rappelé tardivement que nous avons commis une imprudence de taille : nous n’avons aucun moyen de communication ; ni téléphone par satellite, ni radio transmetteur/récepteur.

Daaji
Daaji
Idoumou à la radio
Idoumou à la radio

Nous profitons alors de la radio de Daaji pour communiquer avec Chinguiti, Ain Savra et Tenwemend. Daaji relève de la commune d’Ain Savra dont Idoumou est le Maire. Il tient infailliblement au contact de ses administrés en cette période d’hivernage particulièrement bonne. Le chef de service de l’agriculture qui est du groupe, Mr Thiam apporte conseils et recommandations.

La Batha de Tenwemend Oued de Tenwemend

Batha et oued à Tenwemend

Après cette escale à Daaji, nous atteignons en fin de journée Tenwemend, belle localité entourée de montagnes, et dont l’oasis vient d’être clôturée par du grillage dans le cadre d’un projet de développement agricole.

Tenwemend Habitations à Tenwemend

Tenwemend
Une famille à Tenwemend
L’école de Tenwemend
L’école de Tenwemend

Peuplée de deux centaines de familles, l’élevage et la culture sous palmiers sont les principales activités. Les femmes organisées dans plus de treize coopératives y sont particulièrement actives et présentes. Localité pauvre en infrastructures de base, elle bénéficie tout de même d’une école d’une classe à double niveau tenu par un instituteur bilingue (Arabe-Français).

La nuit fut chargée pour Idoumou et Thiam qui ont eu à tenir une série de réunions avec les populations en vue de préparer la campagne agricole.

Quant au reste du groupe Ouleyde, Mimoun et moi ; nous étions de tout repos en vue de se préparer au programme du lendemain.


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